Route des Grandes Alpes à moto : les cols, l’itinéraire et la période d’ouverture

La Route des Grandes Alpes relie le lac Léman à la Méditerranée en traversant les Alpes françaises du nord au sud. Environ 720 kilomètres, une vingtaine de cols, et un dénivelé cumulé qui dépasse celui de n’importe quel autre itinéraire routier du pays. Elle part de Thonon-les-Bains et rejoint officiellement Nice depuis 2012, l’arrivée historique étant Menton. À moto, c’est l’un des rares itinéraires où la route elle-même est le motif du voyage.

Ce guide donne l’ordre réel des cols, la fenêtre où ils sont tous ouverts, le nombre de jours qu’il faut prévoir sans se gâcher le plaisir, et les erreurs que nous voyons revenir chaque été.

Les cols dans l’ordre, du Léman à la Méditerranée

L’itinéraire classique enchaîne les cols du nord vers le sud. Voici la succession principale, avec l’altitude du sommet routier.

  • Col des Gets, 1 163 m
  • Col de la Colombière, 1 613 m
  • Col des Aravis, 1 487 m
  • Col des Saisies, 1 650 m
  • Cormet de Roselend, 1 967 m
  • Col de l’Iseran, 2 764 m
  • Col du Télégraphe, 1 566 m
  • Col du Galibier, 2 645 m
  • Col du Lautaret, 2 058 m
  • Col d’Izoard, 2 360 m
  • Col de Vars, 2 109 m
  • Col de la Cayolle, 2 326 m

Beaucoup de motards remplacent la Cayolle par la Bonette, qui monte plus haut et offre le décor le plus minéral de tout l’itinéraire. La boucle de la Cime de la Bonette culmine à 2 802 mètres, ce qui en fait le point le plus élevé de la Route des Grandes Alpes. Le Col de l’Iseran, lui, reste le plus haut col routier franchi en ligne directe, à 2 764 mètres.

Après Vars ou la Bonette, la descente vers la mer passe par les cols de l’arrière-pays niçois, dont le Turini, avant d’atteindre Nice ou Menton.

Quand la route est réellement ouverte

C’est la question qui décide de tout, et celle sur laquelle nous recevons le plus d’appels au printemps. L’itinéraire complet n’est praticable que de juin à octobre. Les cols les plus hauts, Iseran, Galibier et Izoard, n’ouvrent en général qu’après la mi-juin, et la Bonette est souvent la dernière à céder.

Partir début juin, c’est prendre le risque de trouver deux ou trois cols encore fermés et de devoir contourner par la vallée, ce qui ajoute des kilomètres sans intérêt. Partir fin septembre, c’est rouler entre des murs de neige fraîche avec des matinées à quelques degrés, magnifique mais exigeant.

La fenêtre confortable va de la fin juin à la mi-septembre. Dans tous les cas, vérifiez l’état d’ouverture des cols dans les jours qui précèdent le départ : une chute de neige tardive ou un éboulement peut fermer un col en plein mois de juillet.

Combien de jours prévoir

Sur la carte, 720 kilomètres tiennent en deux journées. Dans les Alpes, non. La moyenne réelle sur cet itinéraire tourne autour de 40 à 50 km/h, virages, dénivelé et arrêts compris. Compter moins de quatre jours revient à passer les cols sans les voir.

Quatre jours, c’est le format tendu mais honnête, avec des étapes de 180 à 200 kilomètres. Six jours, c’est le format qui permet de s’arrêter, de faire les variantes et de ne pas rouler quand le temps se gâte. C’est le rythme que nous retenons sur notre séjour Route des Grandes Alpes à moto, parce qu’en dessous on subit la route au lieu d’en profiter.

Dans quel sens la rouler

Du nord vers le sud, sans hésiter. D’abord parce que l’on finit face à la mer, ce qui est une récompense. Ensuite parce que les grands cols arrivent au milieu du parcours, quand on a pris le rythme et que la moto est chargée de façon stable. Enfin parce que la lumière de fin de journée se prend de face dans l’autre sens, sur des descentes déjà techniques.

Le seul argument en faveur du sud vers le nord est météorologique : si un orage bloque le sud, mieux vaut parfois l’attaquer par là.

Les erreurs qui gâchent le voyage

Le carburant. Entre deux vallées, il peut y avoir 80 kilomètres sans station ouverte, et les pompes de village ferment tôt. La règle simple est de ne jamais entamer un col au-dessous de la moitié du réservoir.

La température. Il n’est pas rare d’avoir 30 degrés au fond de la vallée et 8 degrés au sommet de l’Iseran, avec du vent. Une veste chaude et des gants d’été plus une paire d’hiver ne sont pas du luxe.

Les dates. Du 14 juillet au 15 août, les cols les plus connus se remplissent de camping-cars et de cyclistes, et le plaisir de conduite en prend un coup. Les passages du Tour de France ferment des cols entiers pendant une journée, à vérifier avant de fixer les étapes.

Le rythme. Les descentes fatiguent plus que les montées, et l’altitude joue sur la vigilance. Trois cols dans la journée, c’est bien. Cinq, c’est une journée de transport.

Ce que la Route des Grandes Alpes donne à moto

Elle n’est pas la plus difficile des routes alpines, ni la plus spectaculaire sur un seul col. Le Stelvio a plus de lacets, les Dolomites ont plus de décor. Ce qu’elle offre, c’est la continuité : quatre à six jours pendant lesquels la route ne redevient jamais ordinaire, et un changement de paysage complet entre le départ dans les alpages et l’arrivée dans les oliviers.

C’est aussi un itinéraire qui se prête à la liberté comme à l’accompagnement. Si vous préférez le préparer vous-même, nos tracés sont disponibles au format GPX pour Garmin, TomTom ou Kurviger. Si vous préférez rouler sans vous occuper des réservations, nos circuits moto dans les Alpes couvrent la Route des Grandes Alpes ainsi que les grands cols suisses, autrichiens et italiens.

Pour aller plus loin

Deux cols de l’itinéraire méritent un détour de lecture avant le départ : la Casse Déserte du col d’Izoard, ce décor lunaire que l’on traverse juste avant le sommet, et le col de la Bonette, la variante la plus haute de tout le parcours.

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