Les gorges du Tarn à moto, cinquante-trois kilomètres au fond du canyon

Il existe deux façons de rouler les gorges du Tarn, et elles ne se ressemblent pas. En bas, une route étroite suit la rivière au pied de six cents mètres de falaise. En haut, les causses déroulent des plateaux nus à perte de vue. Les gorges du Tarn à moto, c’est l’alternance des deux, et c’est ce qui rend la journée si particulière.

Où commencent les gorges du Tarn à moto

Le canyon s’étire sur cinquante-trois kilomètres en Lozère, de Quézac au Rozier. Il sépare deux plateaux calcaires, le causse Méjean au sud et le causse de Sauveterre au nord.

La profondeur va de quatre cents à six cents mètres, avec un maximum de six cent trente mètres entre Sainte-Enimie et Saint-Chély-du-Tarn. Autrement dit, on roule au fond d’une entaille dont on ne voit pas toujours le haut.

L’ensemble appartient depuis 2011 au patrimoine mondial de l’Unesco, sous le nom des Causses et des Cévennes, paysage culturel de l’agro-pastoralisme méditerranéen. Le bien couvre 302 319 hectares.

Une route au fond du canyon, et ce que ça implique

La départementale qui longe le Tarn épouse la rivière au plus près. Elle est étroite, bordée de murets, et souvent taillée dans la paroi. On ne double pas, on ne se croise pas partout, et c’est très bien ainsi.

En pratique, comptez donc bien plus de temps que ne l’annonce le GPS. Cinquante-trois kilomètres se roulent en une heure et demie si l’on ne s’arrête pas, et en une demi-journée si l’on regarde. En juillet et en août, la circulation ralentit encore le tout : partez tôt.

Sainte-Enimie et les villages du Tarn

Sainte-Enimie s’accroche à la falaise à mi-parcours et figure parmi les Plus Beaux Villages de France. C’est la halte naturelle, avec ses ruelles pavées et son ancien monastère.

Plus bas, La Malène et Saint-Chély-du-Tarn valent aussi l’arrêt, souvent plus tranquilles. Laissez cependant la moto sur les parkings d’entrée : les ruelles sont pentues, pavées et parfois interdites.

Le Point Sublime et le Pas de Souci

Le belvédère le plus connu porte bien son nom. Le Point Sublime domine le cirque des Baumes, et il a été baptisé par analogie avec un site comparable au-dessus du canyon du Colorado. C’est de là qu’on saisit vraiment l’échelle du canyon.

Un peu en aval, le Pas de Souci offre un spectacle plus étrange. Le Tarn y disparaît sous un énorme éboulis de blocs, puis ressort quelques dizaines de mètres plus loin. En effet, on entend la rivière sans la voir.

👉 Nous racontons un autre canyon français dans notre article sur la route Napoléon à moto.

Les causses au-dessus, l’autre moitié du voyage

Rester au fond serait une erreur. Les routes qui remontent sur le causse Méjean et le causse de Sauveterre changent complètement le décor : plateaux pelés, brebis, hameaux de pierre et horizons à trente kilomètres.

Le contraste est brutal, et il se joue en dix minutes de montée. Ainsi, la bonne journée alterne le fond et le haut plutôt que de suivre la rivière d’un bout à l’autre. Plus à l’est, le parc national des Cévennes prolonge le terrain de jeu.

👉 Le parc national des Cévennes publie les conditions d’accès et les règles de circulation.

Les gorges du Tarn à moto dans nos voyages

Nous programmons les gorges du Tarn sur nos parcours des Causses et des Cévennes, souvent combinées aux gorges de la Jonte et à celles de l’Ardèche. Nos accompagnateurs Itinéraires Évasion donnent par ailleurs le sens de parcours qui met le soleil du bon côté dans le canyon, ce qui change tout pour la photo comme pour la visibilité.

👉 Le programme figure sur la page Gorges du Tarn, Causses et Cévennes. Voyez aussi Gorges de l’Ardèche et gorges du Tarn et la destination France.

Bon à savoir avant de rouler dans les gorges du Tarn à moto

La saison va d’avril à octobre. Le fond du canyon reste frais et ombragé le matin, tandis que les causses cuisent l’après-midi en été. Prévoyez donc de quoi ouvrir et fermer facilement.

Attention ensuite à l’humidité au pied des falaises, surtout au printemps. Les portions à l’ombre permanente sèchent lentement et il n’est pas rare d’y trouver de la mousse en bord de chaussée.

Enfin, le carburant se fait rare dès qu’on quitte les bourgs. Faites donc le plein à Florac ou à Millau plutôt que de compter sur une station au fond des gorges. L’office de tourisme de la Lozère tient à jour les informations pratiques.

Conclusion : le contraste plutôt que la performance

Les gorges du Tarn ne se roulent pas vite et ne présentent aucune difficulté technique. Elles marquent pourtant, parce qu’on y passe en quelques minutes du fond d’un canyon à un plateau désert. C’est cet écart qu’on retient, bien plus que les virages.

À bientôt sur les routes.

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