La route Napoléon à moto, 314 kilomètres de la Méditerranée aux Alpes

En 1815, Napoléon a mis six jours pour rallier Grenoble depuis la plage de Golfe-Juan, avec mille hommes et des chevaux. Aujourd’hui, la route Napoléon à moto se roule en une journée. C’est peut-être le plus bel enchaînement de paysages que la France offre sur un seul axe : on part les pieds dans la Méditerranée, on arrive au pied des Alpes.

Où passe la route Napoléon à moto

La route relie Golfe-Juan, sur la Côte d’Azur, à Grenoble. Elle mesure 314 kilomètres et suit le tracé de la remontée impériale de mars 1815. Elle porte encore le numéro N85 dans le langage courant, mais les déclassements l’ont morcelée : elle est devenue D6085 dans les Alpes-Maritimes, puis D4085 dans les Alpes-de-Haute-Provence, enfin D1085 en Isère.

Les grandes étapes sont Grasse, Castellane, Digne-les-Bains, Sisteron, Gap et Laffrey. Autrement dit, on traverse trois mondes en une seule journée, la Côte d’Azur, la Provence intérieure et les Alpes du Sud.

Contrairement à ce qu’on imagine, personne n’a tracé cette route pour l’empereur. Elle existait déjà sous le nom de Route Alpine d’Hiver, et c’est en 1932 qu’on l’a rebaptisée pour son itinéraire historique. Napoléon, lui, avait quitté l’île d’Elbe le 26 février 1815, débarqué à Golfe-Juan le 1er mars, et atteint Grenoble le 7.

De la Côte d’Azur à Castellane

Le début est le moins intéressant, il faut le dire franchement. En effet, la sortie de Golfe-Juan et la montée sur Grasse restent urbanisées et chargées en été.

Tout change ensuite. Après Grasse, la route grimpe vers le plateau et le trafic tombe d’un coup. On enchaîne alors les virages jusqu’à Castellane, aux portes des gorges du Verdon, dans un paysage de garrigue et de calcaire qui n’a plus rien de balnéaire.

La Provence intérieure, la plus belle portion

De Castellane à Sisteron, la route donne ensuite sa pleine mesure. Le revêtement est bon, les enchaînements sont longs, et la circulation reste faible en dehors des week-ends d’été.

Sisteron marque ensuite un passage obligé, avec sa citadelle plantée au-dessus du verrou de la Durance. Napoléon y a fait halte, et une plaque le rappelle en ville. Prévoyez donc un arrêt : c’est l’un des rares endroits où la géographie explique l’histoire d’un seul coup d’œil.

Le col Bayard, le vrai passage alpin

Après Gap, la route bascule enfin en montagne par le col Bayard, à 1 246 mètres. La montée est courte mais franche, et le col ouvre ensuite sur le Champsaur et le massif du Dévoluy.

C’est surtout là que la température change. Il n’est pas rare d’avoir quinze degrés de moins qu’à Golfe-Juan le matin même. Prévoyez donc une couche de plus, même en plein été.

👉 Nous replaçons ce passage parmi d’autres dans notre article sur les plus belles routes de montagne à moto.

La prairie de la Rencontre, le point d’orgue

À Laffrey, au sud de Grenoble, un pré au bord du Grand lac vaut l’arrêt plus que tout le reste. C’est là que, le 7 mars 1815, le 5e régiment d’infanterie envoyé par le général Marchand pour arrêter Napoléon a finalement choisi de se rallier à lui.

Le site est classé, il culmine à 920 mètres, et on y a dressé une statue équestre de l’empereur signée Frémiet. En effet, l’endroit n’a presque pas changé : on comprend en arrivant pourquoi la scène s’est jouée ici et pas ailleurs.

👉 L’office de tourisme Alpes Isère donne les informations pratiques du site.

La route Napoléon à moto dans nos voyages

Nous programmons la route Napoléon sur nos parcours de Provence et des Alpes du Sud, généralement combinée au mont Ventoux. Nos accompagnateurs Itinéraires Évasion donnent par ailleurs l’heure de départ qui évite Grasse aux heures chargées, et le sens de parcours qui garde les meilleures portions pour la fin de journée.

👉 Le programme figure sur la page du Mont Ventoux et route Napoléon. Voyez aussi Les plus belles gorges des Alpes du Sud et la destination France.

Bon à savoir avant de prendre la route Napoléon à moto

La bonne saison va d’avril à octobre. En juillet et en août, la portion Grasse-Castellane se charge nettement, surtout le week-end. Partez donc tôt, ou décalez plutôt au printemps et en septembre.

Comptez ensuite une journée pleine si vous voulez vous arrêter. Six heures suffisent pour enchaîner d’une traite, mais ce serait dommage. L’association qui gère la route détaille les sites étape par étape.

Enfin, méfiez-vous du gravier en sortie de virage sur les portions alpines au printemps, juste après la fonte. C’est le seul vrai piège de l’itinéraire.

Conclusion : trois climats en une journée

Ce qui fait la route Napoléon, ce n’est donc ni un col ni un panorama en particulier. C’est l’écart entre le départ et l’arrivée. On démarre en tee-shirt au bord de la Méditerranée et on finit avec la doublure sous le blouson, au pied des Écrins, trois cent quatorze kilomètres plus loin.

À bientôt sur les routes.

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