Les aiguilles de Bavella à moto : le col, la D268 et la descente
Il y a des cols que l’on franchit et des cols où l’on s’arrête. Bavella est du second type. On y arrive par une forêt de pins laricio, on débouche sur un parking, on coupe le moteur, et on reste un moment à regarder les aiguilles sans rien dire. Puis on redescend vers Solenzara, et c’est la route qui prend le relais.
Le col de Bavella, 1 217 mètres au pied des aiguilles
Le col culmine à 1 217 mètres et relie Zonza, dans l’Alta Rocca, à Sari-Solenzara sur la côte est. Il se franchit par la D268, une route étroite qui grimpe dans la forêt avant de s’ouvrir d’un coup sur le massif.
Les aiguilles elles-mêmes sont un ensemble de pitons de granit rouge qui se détachent au-dessus de la forêt. La plus haute, la Punta Alta, culmine à 1 855 mètres. Vues du col, elles forment une ligne dentelée que rien d’autre en Corse ne reproduit.
La descente vers Solenzara, le vrai morceau
C’est le versant est qui fait la réputation de Bavella chez les motards, et il la mérite. Les 7,4 derniers kilomètres avant le col affichent 9 % de moyenne, avec des passages à 11 %, ce qui en fait la montée la plus dure de l’île par ce versant.
Dans le sens de la descente, cela donne une enfilade de virages serrés sur une vingtaine de kilomètres, avec le Travu en contrebas et des parois de granit à main droite. La route est étroite, souvent sans ligne médiane, et le revêtement alterne le très bon et le rapiécé.
Une recommandation de terrain : prenez-la le matin. En fin de journée, le soleil arrive de face dans la descente, les camping-cars remontent depuis la côte, et le plaisir tombe d’un cran.
La statue qui veille sur le col
Au col, une statue blanche de Notre-Dame-des-Neiges domine le parking. Elle a été installée dans les années 1950 et fait l’objet d’un pèlerinage chaque 5 août, quand les habitants de Zonza montent à pied pour la messe.
C’est un détail, mais il dit quelque chose de l’endroit : Bavella n’est pas un décor pour touristes, c’est un lieu qui compte pour les gens d’ici. On y croise autant de randonneurs du GR20 et de familles corses que de motards de passage.
Ce que la route demande aux motards
La largeur. Sur la D268, deux véhicules se croisent au pas dans certains virages. Un autocar en face n’est pas une exception, c’est une éventualité qu’il faut anticiper à chaque courbe aveugle.
Le stationnement au col. Le parking est gratuit et souvent plein en été. Les motos trouvent toujours une place, mais évitez de vous garer dans la descente au bord de la chaussée, la visibilité y est mauvaise.
La température. Il peut y avoir dix degrés d’écart entre Solenzara et le col. Une matinée fraîche à 1 200 mètres et un après midi à trente degrés sur la côte, c’est la même journée.
Les porcs et les vaches. Ils sont en divagation dans toute l’Alta Rocca et ils se tiennent volontiers à l’ombre, c’est à dire dans les virages boisés. On ralentit, on contourne, on repart.
Où s’arrêter, et pour quoi faire
Deux auberges se tiennent au col, dont l’Auberge de Bavella, et l’on y mange corse, simplement. C’est une halte de milieu de journée logique si vous montez de Porto-Vecchio ou de Bonifacio.
Pour ceux qui veulent marcher un peu, les vasques de la Purcaraccia se rejoignent par un sentier depuis la route, en contrebas du col. Comptez la demi-journée, bottes de moto comprises, ce qui n’est pas la meilleure idée du monde.
Bavella dans nos voyages en Corse
Le col figure sur plusieurs de nos itinéraires. La Corse du Sud à moto, en six jours et 790 km, l’associe à Bonifacio et à l’Alta Rocca, et c’est le format le plus direct pour qui veut le sud sans faire le tour de l’île. Le Tour de Corse le prend au passage sur huit jours, et la Corse d’ouest en est lui laisse plus de place en douze jours.
Dans tous les cas, les tracés sont fournis au format GPX pour Garmin, TomTom ou Kurviger, et les traversées en bateau sont réservées avec le voyage.
Bon à savoir avant de monter
La D268 reste ouverte presque toute l’année, mais la neige peut la fermer quelques jours en plein hiver. La saison moto va de la mi-avril à la mi-octobre, et les deux meilleures fenêtres sont la seconde quinzaine d’avril et la première semaine d’octobre, quand la route est vide.
Il n’y a pas de station-service au col. Le plein se fait à Solenzara ou à Zonza, pas entre les deux.
Pour continuer
Bavella n’est qu’une des routes qui font la réputation de l’île. Les autres sont dans notre article sur les plus belles routes de Corse à moto, et l’ensemble de nos itinéraires est réuni sur la page circuit moto en Corse.
Pour aller plus loin
Notre page destination : Corse à moto, avec les circuits, les routes, la saison et le budget.
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