Cap Nord à moto : l’itinéraire, les distances et la bonne période
Le Cap Nord est une falaise de l’île de Magerøya, à 71 degrés de latitude nord, avec un globe en métal posé face à l’océan Arctique. Ce n’est pas le point le plus septentrional d’Europe au sens strict, mais c’est celui où l’on arrive par la route, et c’est ce qui compte quand on y va à moto.
Ce guide répond aux questions qui déterminent le voyage : quelles distances vraiment, par où passer, quand partir, et ce qui change une fois le cercle polaire franchi.
Les distances, sans illusion
C’est le point que tout le monde sous-estime. Depuis la France, un aller-retour au Cap Nord se compte en milliers de kilomètres et en semaines, pas en jours.
Nos propres voyages donnent les ordres de grandeur réels : Cap Nord et Baltique fait 5 015 kilomètres en seize jours, Cap Nord et îles Lofoten 5 480 kilomètres en vingt-deux jours, et Cap Nord et Laponie 5 094 kilomètres en vingt-trois jours.
Autrement dit : entre 5 000 et 5 500 kilomètres, et entre deux et trois semaines. En dessous de quinze jours, le voyage devient un transfert, avec des journées à 500 kilomètres d’autoroute qui n’ont aucun intérêt.
Trois façons d’y monter
Par la Finlande et la Laponie. La route est plus directe, les forêts défilent, et l’on arrive au Cap Nord par le sud-est à travers le Finnmark. C’est le trajet qui laisse le plus de temps pour la Norvège au retour, et celui qui traverse la culture same.
Par la côte norvégienne et les Lofoten. Le plus beau, et le plus lent. Fjords, ferries, tunnels et routes de corniche se succèdent, avec les Lofoten comme point d’orgue. Il faut accepter les traversées en bateau, qui rythment la journée sans prévenir.
Par la Suède et la Baltique. Le compromis : on monte vite par la Suède, on redescend par la Norvège ou l’inverse, et l’on ajoute les pays baltes au retour. C’est la formule la plus courte en durée.
La plupart des voyageurs montent par un versant et redescendent par l’autre, ce qui évite de refaire la même route sur 2 000 kilomètres.
La dernière route, la E69
Les derniers kilomètres méritent d’être connus à l’avance. La E69 relie Olderfjord au Cap Nord et se termine sur l’île de Magerøya, que l’on rejoint par un tunnel creusé sous la mer, long de près de 6 900 mètres.
Ce tunnel surprend à moto : il descend fort, il est humide, et la température chute brutalement en quelques centaines de mètres. Rien de dangereux, mais mieux vaut ne pas le découvrir en pleine nuit après douze heures de route.
Après le tunnel, il reste une trentaine de kilomètres de plateau nu, sans arbre, souvent dans le vent. C’est là que l’on croise le plus de rennes, et c’est la portion où il faut lever le pied.
Le plateau du Cap Nord
L’accès au plateau est payant, et le billet couvre le bâtiment, le cinéma panoramique et le stationnement. Le globe est à quelques minutes à pied du parking.
Un conseil de terrain : le billet est valable plus longtemps qu’une simple visite, ce qui permet de monter le soir, de redescendre dormir et de remonter le lendemain si le brouillard a tout masqué la veille. C’est exactement pour cette raison que nous prévoyons deux jours sur place dans nos voyages accompagnés. Faire 5 000 kilomètres pour ne voir que du gris serait dommage.
Le soleil de minuit
Au Cap Nord, le soleil ne se couche pas de la mi-mai à la fin juillet. C’est la raison d’être du voyage pour beaucoup de motards, et c’est une sensation difficile à décrire : on roule à une heure du matin avec la lumière d’une fin d’après-midi, et le corps ne comprend plus l’heure qu’il est.
Deux précisions honnêtes. Le soleil de minuit ne garantit pas de le voir : le brouillard côtier est fréquent sur Magerøya, et le plateau peut rester bouché plusieurs jours. Et la lumière permanente perturbe le sommeil, donc des rideaux occultants ou un masque valent leur poids dans les bagages.
Quand partir
De la mi-juin à la mi-août. Avant, certaines routes de montagne norvégiennes ne sont pas encore ouvertes et la neige traîne sur les plateaux. Après, la nuit revient vite et les hébergements ferment.
Juin offre la lumière maximale et moins de monde. Juillet est le mois des moustiques en Laponie, particulièrement près des lacs et des zones humides, et ils sont redoutables à l’arrêt. Août est plus calme mais les journées raccourcissent déjà nettement.
Ce qui change au-delà du cercle polaire
Le carburant. Les distances entre stations s’allongent beaucoup dans le Finnmark, et certaines ferment tôt ou n’acceptent que la carte. La règle est simple et ne souffre pas d’exception : on fait le plein à chaque occasion, pas quand la réserve arrive.
Les rennes. Ils sont partout, ils n’ont peur de rien et ils traversent sans regarder. C’est le risque numéro un sur la fin du parcours, bien avant la météo.
La météo. Il peut faire 20 degrés dans une vallée et 4 degrés sur le plateau, le même jour, avec du vent de face. Un équipement chaud n’est pas une précaution excessive en plein mois de juillet.
Les tunnels et les ferries. En Norvège, ils font partie de l’itinéraire et modifient le temps de trajet. Un ferry manqué, c’est parfois une heure d’attente, parfois beaucoup plus en fin de journée.
Pour aller plus loin
Nos itinéraires vers le Cap Nord, en liberté ou en groupe accompagné, sont réunis sur la page road trip moto en Norvège, avec les kilométrages réels et les durées. Les tracés sont fournis au format GPX pour Garmin, TomTom ou Kurviger.
Et pour la préparation matérielle, du choix des pneus à l’équipement froid, nous avons rassemblé l’essentiel dans notre article sur la préparation de la moto pour un road trip au Cap Nord.