Road trip moto dans les Pyrénées : l’itinéraire, les cols et la durée
Les Pyrénées se roulent d’un océan à l’autre. De l’Atlantique à la Méditerranée, la chaîne se traverse par une succession de cols qui n’ont rien à envier aux Alpes, avec deux différences qui changent tout : il y a moins de monde, et la route reste étroite du premier au dernier kilomètre.
Ce guide donne l’itinéraire de la traversée, les cols dans l’ordre où on les prend, le nombre de jours qu’il faut vraiment, et la moitié espagnole que presque personne ne roule.
La traversée, de l’Atlantique à la Méditerranée
Le tracé classique part d’Hendaye ou de Saint-Jean-de-Luz et rejoint Cerbère ou Banyuls, en restant au plus près de la frontière. Sur la carte, la distance à vol d’oiseau est ridicule. Par les cols, elle se multiplie : notre route des cols des Pyrénées fait 905 kilomètres en six jours, et c’est un rythme confortable, pas une course.
Le voyage change trois fois de nature. D’abord le Pays basque, vert, humide, avec des routes de crête et des villages blanc et rouge. Ensuite le Béarn et la Bigorre, où l’on trouve les grands cols et la haute montagne. Enfin l’Ariège et le Roussillon, plus secs, plus méditerranéens, où la lumière devient franche.
Les grands cols, d’ouest en est
Voici la succession que l’on enchaîne en traversant la chaîne d’ouest en est.
- Col d’Ispéguy, à la frontière basque
- Col de Marie-Blanque, court et raide
- Col d’Aubisque, 1 709 m, et sa corniche taillée dans la falaise
- Col du Soulor, qui se prend dans la foulée de l’Aubisque
- Col du Tourmalet, 2 115 m
- Col d’Aspin
- Col de Peyresourde
- Port de Balès
- Col de Portet-d’Aspet
- Port de Pailhères, 2 001 m
- Col de Puymorens, avant la descente sur la Cerdagne
Le Tourmalet est le plus connu, mais ce n’est pas le plus haut. Le col de Portet, au-dessus de Saint-Lary, culmine à 2 215 mètres, et le Port d’Envalira, en Andorre, monte à 2 407 mètres.
Le passage le plus impressionnant reste la corniche entre l’Aubisque et le Soulor, une route accrochée au vide sur plusieurs kilomètres, avec des parapets blancs et rien derrière. C’est le moment que tout le monde photographie, et à juste titre.
Combien de jours prévoir
Quatre jours pour traverser sans traîner. Six pour le faire correctement, avec le temps de s’arrêter, de faire les variantes et d’attendre qu’un brouillard se lève. Huit à onze si vous voulez ajouter le versant espagnol et les vallées transversales.
La moyenne réelle est basse, autour de 40 km/h sur les portions de cols. Les routes sont plus étroites que dans les Alpes, souvent sans marquage central, et les troupeaux en estive occupent la chaussée sans se presser. Compter 150 à 180 kilomètres par jour est réaliste.
Le versant espagnol, la moitié que personne ne fait
C’est le conseil qui revient le plus souvent de nos voyageurs. Le côté sud de la chaîne est plus sec, plus ensoleillé, et surtout beaucoup plus calme. Les vallées de Hecho et d’Ansó, le canyon d’Ordesa, la route de Bielsa, offrent des enchaînements aussi beaux que le versant français avec trois fois moins de circulation.
Le passage d’un versant à l’autre se fait par les tunnels de Bielsa ou d’Aragnouet, ou par le Somport. Ajouter une boucle espagnole transforme une traversée en vrai voyage, pour deux jours de plus.
Quand partir
De juin à octobre pour la traversée complète. Les cols les plus hauts, Tourmalet et Pailhères en tête, restent fermés une partie de l’hiver et du printemps, et la date de réouverture varie d’une année à l’autre.
Juin et septembre sont les meilleurs mois. En juillet et août, les cols mythiques se remplissent de cyclistes et de camping-cars, et le passage du Tour de France ferme des routes entières pendant une journée, ce qui mérite d’être vérifié avant de fixer les étapes.
Un détail local qui compte : la météo vient de l’Atlantique et se bloque sur la chaîne. Il peut faire grand soleil côté espagnol et plafonner à 400 mètres côté français, le même jour. En cas de mauvaise journée, passer au sud est souvent la meilleure décision.
Ce qui change par rapport aux Alpes
L’altitude est plus basse, donc le froid est moins violent et la saison plus longue. En revanche les routes sont plus étroites, les virages plus serrés et les revêtements plus irréguliers, surtout sur les petits cols de l’Ariège.
Il y a aussi moins de stations-service en altitude. La règle est la même que partout en montagne : on ne s’engage pas dans une vallée avec un demi-réservoir.
Enfin, la fréquentation est incomparable. Là où la Route des Grandes Alpes sature en août, un col pyrénéen un matin de semaine peut se rouler seul. C’est la principale raison de choisir les Pyrénées.
Andorre, le détour qui coûte du temps
Beaucoup de motards intègrent l’Andorre pour le carburant et les prix. C’est un vrai avantage sur le budget, mais il faut compter l’attente au retour et les contrôles douaniers, qui peuvent prendre une heure en pleine saison. Si le temps est compté, mieux vaut passer par le Puymorens.
Pour aller plus loin
Si vous préférez rouler sans vous occuper des réservations, nos trois formules couvrent les trois façons d’aborder la chaîne : la route des cols en six jours, la découverte complète en onze jours, et le Pays basque et Hautes-Pyrénées pour ceux qui veulent commencer par l’ouest.
Et si vous cherchez d’abord les belles routes plutôt qu’un itinéraire complet, nous avons rassemblé les plus belles routes des Pyrénées à moto, col par col. Les tracés sont fournis au format GPX pour Garmin, TomTom ou Kurviger.