Le col du Saint-Gothard à moto, vingt-quatre lacets pavés
La plupart des véhicules qui franchissent le col du Saint-Gothard ne le voient jamais. Ils passent dessous, par un tunnel de dix-sept kilomètres. Au-dessus, la vieille route pavée de la Tremola enchaîne vingt-quatre lacets de granit. C’est l’un des morceaux de route les plus singuliers des Alpes, et nous ne le manquons jamais.
Où se trouve le col du Saint-Gothard
Le col culmine à 2 106 mètres et relie Andermatt, dans le canton d’Uri, à Airolo, au Tessin. Ainsi, il marque le passage entre la Suisse alémanique et la Suisse italienne, ce qui s’entend dès la descente.
C’est historiquement la grande liaison nord-sud vers l’Italie. En effet, depuis le Moyen Âge, elle relie Zurich, Bâle et Lucerne à Bellinzone et Lugano.
Une route ouverte par un pont, vers 1220
On lit souvent que le Saint-Gothard s’est ouvert vers 1220. La date est bonne, mais elle ne concerne pas la route. Elle concerne en fait le premier pont de bois franchissant les gorges de Schöllenen, côté nord.
Or, sans ce pont, personne ne passait. Avec lui, le Gothard est devenu l’axe le plus court entre l’Europe du Nord et l’Italie, et cette ouverture a compté dans la naissance de la Confédération suisse. Les Suisses ont ensuite rebâti plusieurs fois son successeur, le pont du Diable, notamment en 1830 puis en 1958.
La Tremola, plus long monument routier de Suisse
L’ingénieur Francesco Meschini a bâti la route pavée du versant sud entre 1827 et 1832. Sa section principale enchaîne vingt-quatre lacets et rattrape trois cents mètres de dénivelé sur quatre kilomètres.
Le revêtement, en pavés de granit d’origine, sert d’ailleurs toujours. La Tremola figure ainsi à l’inventaire des voies de communication historiques de la Suisse, qui en fait le plus long monument routier du pays. Autrement dit, on roule sur une pièce de musée.
Ce que les pavés changent à moto
Il faut le dire clairement : les pavés ne pardonnent pas l’inattention. Sur le sec, ça secoue et ça résonne, mais ça tient. Sous la pluie, en revanche, l’adhérence chute nettement, surtout en sortie de lacet, là où le passage a poli la surface.
Le conseil vaut donc d’être répété : ralentir, garder la moto droite dans les épingles, et éviter de freiner en pleine courbe. Abordée ainsi, la Tremola devient un plaisir plutôt qu’un piège.
👉 Nous replaçons ce col parmi d’autres dans notre article sur les plus belles routes de montagne à moto.
Le col du Saint-Gothard dans nos voyages
Nous programmons le Saint-Gothard sur les journées de traversée des Alpes centrales. Nos accompagnateurs Itinéraires Évasion donnent le sens de parcours qui convient le mieux et préviennent du revêtement, ce qui évite les mauvaises surprises au premier lacet.
👉 Le col figure dans nos parcours alpins, notamment Les plus hauts cols alpins. La destination Suisse présente le reste du pays.
Bon à savoir avant de passer le col du Saint-Gothard
Le col est ouvert en général de mai à octobre, selon l’enneigement. Il existe une route moderne parallèle à la Tremola : elle est plus rapide, mais elle n’a aucun intérêt. Prenez l’ancienne, en notant qu’elle est limitée à 3,5 tonnes.
Prévoyez enfin du temps. En effet, quatre kilomètres de pavés se roulent lentement, et le sommet mérite un arrêt. Un hospice, un musée national et un plan d’eau occupent le replat du col, où il fait souvent frais même en août. Suisse Tourisme tient à jour les informations pratiques du site.
👉 Ce col figure aussi au programme du Grand tour des Alpes.
Conclusion : le col que le tunnel a sauvé
Le tunnel routier a ouvert en 1980 et vidé le col de son trafic de transit. Finalement, c’est ce qui l’a préservé. Aujourd’hui, on roule la Tremola presque au calme, avec ses pavés d’origine et ses vingt-quatre lacets. Autrement dit, des camions dessus auraient tout changé.
À bientôt sur les routes.