Le musée Sammy Miller, cinq cents motos et un atelier qui tourne encore

Il existe des musées où l’on regarde des machines derrière un cordon. Le musée Sammy Miller n’est pas de ceux-là. Ici, presque toutes les motos démarrent. L’atelier est à côté, et l’homme dont le musée porte le nom y travaille encore. Nous nous y arrêtons depuis nos premières reconnaissances en Angleterre.

Où se trouve le musée Sammy Miller

Le musée occupe Bashley Cross Roads, à New Milton, dans le Hampshire. On est au cœur du parc national de la New Forest, à mi-chemin entre Southampton et Bournemouth. L’adresse s’intègre donc facilement à un itinéraire, et le stationnement y est gratuit.

La région vaut d’ailleurs le détour pour elle-même. En effet, la New Forest aligne des petites routes sinueuses entre landes et forêts. Surtout, des poneys en liberté y traversent sans prévenir. Rouler doucement n’est donc pas une consigne abstraite.

Cinq cents motos, et presque toutes démarrent

La collection compte environ cinq cents machines, des tout débuts de la moto aux motos de course des dernières décennies. Norton, Triumph, BSA, Vincent, Bultaco : les grands noms britanniques et espagnols y sont tous.

Le chiffre qui frappe n’est pourtant pas celui-là. Sur ces cinq cents motos, seules cinq ne roulent plus. Toutes les autres sont en état de marche, restaurées une par une par Sammy Miller et son équipe d’atelier. C’est ce qui fait la différence avec une collection statique.

Parmi elles se trouve la GOV 132, l’Ariel HT5 avec laquelle Sammy Miller a marqué l’histoire du trial. Beaucoup la considèrent comme la moto de trial la plus célèbre au monde.

Sammy Miller, onze fois champion de Grande-Bretagne

Né le 11 novembre 1933, Sammy Miller a été onze fois champion de Grande-Bretagne de trial et deux fois champion d’Europe. Son compteur affiche plus de mille trois cents victoires. Il a ensuite été fait MBE en 2009, puis élu légende de la FIM en 2013. Il figure aussi au Motorcycle Hall of Fame américain depuis 2007.

Ce que l’on sait moins, c’est qu’il a d’abord couru sur route. Troisième du championnat du monde 250 en 1957, il a également gagné trois fois la North West 200 entre 1956 et 1958. Autrement dit, le musée est tenu par un pilote qui a fait les deux disciplines au plus haut niveau.

Ce que nous avons vu, atelier compris

Lors d’un de nos passages, Sammy Miller nous a reçus lui-même et nous a ouvert son atelier. On y voit les machines en cours de restauration, au milieu des pièces et des établis. Ainsi, le regard que l’on porte ensuite sur la salle d’exposition n’est plus le même.

C’est aussi ce qui explique le mélange que l’on trouve ici. Certaines machines sont refaites à neuf, d’autres laissées dans leur jus, avec leurs traces de course. Les deux se défendent, et le musée assume de montrer les deux.

👉 Nous racontons une visite du même genre dans notre article sur le Murray’s Motorcycle Museum, à l’île de Man.

Une extension et quatre salles

Le musée a ouvert au public en 1980. La collection avait pourtant commencé bien avant, dans un coin du magasin de pièces de Sammy Miller. Depuis, elle n’a cessé de grandir.

En 2020, une extension de neuf cent trente mètres carrés sur deux niveaux est venue s’ajouter, et la collection a été réorganisée. On circule désormais entre la salle de course, celle des motos de route, celle des sportives et la collection Norton. Un coin est par ailleurs consacré à l’histoire de Belstaff. Le musée accueille environ vingt et un mille visiteurs par an.

Le musée Sammy Miller dans nos voyages

Nous programmons cette visite comme une halte, pas comme un passage obligé. Nos accompagnateurs Itinéraires Évasion donnent l’adresse et le meilleur moment de la journée. Ensuite, chacun y consacre le temps qu’il veut.

👉 La visite s’intègre à notre circuit Pays de Galles et île de Man. Par ailleurs, la page destination Angleterre présente nos autres parcours britanniques.

Bon à savoir avant de visiter le musée Sammy Miller

Comptez au moins deux heures, davantage si vous vous arrêtez sur les cartels. Le café du musée, le Sammys Pit Stop, ouvre plus tôt que la collection et sert jusqu’en milieu d’après-midi.

Attention en revanche au calendrier. Le musée n’ouvre sept jours sur sept qu’à partir de la mi-mars. Le reste de l’année, les horaires sont réduits, jusqu’à trois jours par semaine en plein hiver. Vérifiez donc le site officiel du musée avant de faire le détour, et prévoyez de payer sur place.

Conclusion : un musée qui roule

Ce qui rend le musée Sammy Miller singulier tient en une phrase. Ce n’est pas une collection, c’est un atelier avec une salle d’exposition devant. Les motos sortent, roulent, et reviennent. Pour un motard de passage dans le sud de l’Angleterre, c’est une des meilleures haltes possibles.

À bientôt sur les routes.

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