Bocca di Palmarella, le balcon corse sur le golfe de Girolata
En Corse, l’altitude ne fait pas tout. La Bocca di Palmarella culmine à un peu plus de quatre cents mètres. Elle offre pourtant l’une des vues les plus fortes de la côte ouest. Petite altitude, gros plaisir : c’est ce que nous en disions déjà il y a plus de dix ans, et rien n’a changé depuis.
Où se trouve la Bocca di Palmarella
Le col se situe sur la D81, la route du bord de mer, entre la vallée du Fango et Porto. Il marque la limite entre la Haute-Corse et la Corse-du-Sud. Peu de visiteurs empruntent ce tronçon, car il est long, lent et sans grande ville à l’arrivée.
Depuis Galéria, la montée s’étire sur une dizaine de kilomètres, avec une pente moyenne très douce. En effet, le dénivelé total dépasse à peine trois cent cinquante mètres. Autrement dit, ce n’est pas la difficulté qui fait l’intérêt de l’endroit.
Un col modeste qui vaut des sommets
Ce qui fait la Bocca di Palmarella, c’est la nature du terrain. La route serpente dans un maquis dense et traverse des barres rocheuses rouges. Elle découvre la mer par intermittence, puis l’offre d’un seul coup au col.
La chaussée est étroite et les virages s’enchaînent presque sans ligne droite. Par ailleurs, la circulation y reste faible hors saison, ce qui en fait un morceau de route particulièrement agréable au printemps ou en septembre.
La vue sur le golfe de Girolata
Du col, le regard plonge sur le golfe de Girolata et, plus loin, sur la presqu’île de Scandola. L’ensemble appartient à un bien inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1983. Il porte le nom de golfe de Porto : calanche de Piana, golfe de Girolata, réserve de Scandola, soit près de douze mille hectares protégés.
Les falaises de porphyre rouge tombent ici de plusieurs centaines de mètres dans une eau très claire. Ainsi, le vert du maquis, le rouge de la roche et le bleu de la mer se répondent. On croit les images retouchées tant qu’on ne les a pas vues.
Un village que la route n’atteint pas
Girolata a une particularité rare en Méditerranée : aucune route n’y arrive. On y accède en bateau depuis Porto ou Calvi, ou à pied par le sentier du facteur, qui part précisément du secteur du col. C’est pourquoi le hameau a conservé son allure de bout du monde.
Depuis la moto, on ne verra donc jamais Girolata autrement que d’en haut. Cependant, la vue depuis la Bocca di Palmarella suffit à comprendre pourquoi le site est classé.
La Bocca di Palmarella à moto
Le revêtement varie selon les portions. Certaines sont refaites, d’autres gardent des raccords et du gravier en sortie de virage, notamment après l’hiver. Rouler en marge de ses capacités n’a donc aucun sens ici.
Les croisements demandent aussi de l’attention : la route est étroite, et les camping-cars y passent malgré tout. Enfin, prévoyez du temps. Sur ce tronçon, une moyenne de trente kilomètres par heure est une moyenne réaliste.
👉 Nous replaçons ce tronçon dans son itinéraire complet dans notre article sur les plus belles routes de Corse à moto.
La Bocca di Palmarella dans nos voyages en Corse
Nous programmons ce passage sur les journées de côte ouest, entre Calvi et Porto. Nos accompagnateurs Itinéraires Évasion préviennent du rythme à adopter. Ils indiquent aussi les rares emplacements où l’on peut s’arrêter, et adaptent l’horaire pour éviter la forte circulation.
👉 Le parcours complet figure sur la page du tour de Corse à moto, et le voyage La Corse à moto, les plages en plus longe lui aussi cette côte.
Bon à savoir avant de passer le col
Le col reste ouvert toute l’année, l’altitude étant trop faible pour la neige. En revanche, le vent d’ouest peut souffler fort au point haut, et la pluie rend le maquis glissant sur les portions ombragées.
Le meilleur moment reste la fin de journée : le soleil se couche droit dans l’axe du golfe, et le rouge de la roche s’allume. Toutefois, ne prévoyez pas de finir l’étape trop tard, la descente vers Porto se fait mieux de jour.
Conclusion : quatre cents mètres bien placés
La Bocca di Palmarella ne figurera jamais dans un classement des grands cols. Elle mérite pourtant l’arrêt. En effet, elle ouvre sur l’un des paysages les mieux protégés de Méditerranée, au bout d’une route faite pour les deux-roues.
👉 Pour découvrir le reste de l’île, voyez la destination Corse.
À bientôt sur les routes.